Instagram met à jour son algorithme pour favoriser les créateurs originaux
Instagram a annoncé une mise à jour de son algorithme susceptible de redistribuer significativement le reach dans l'application. Dès cette semaine, les photos et carousels publiés par des comptes agrégateurs disparaissent des recommandations. Explore et autres surfaces de découverte incluses.
Le ton de la plateforme est direct : « Les créateurs originaux sont le cœur d'Instagram. Que vous soyez un artiste qui partage sa vision ou un créateur qui documente sa vie en carousels, vous méritez d'être crédité pour ce que vous produisez. Nous savons à quel point il est frustrant de voir des agrégateurs tirer profit de votre travail. »
Une extension du système déjà appliqué aux Reels
Le mouvement était prévisible. Instagram avait déployé un mécanisme identique pour les Reels en 2024, avec des résultats mesurables : au second semestre 2025, Meta a enregistré un doublement des vues et du temps passé sur les Reels originaux de Facebook d'une année sur l'autre. La logique s'étend maintenant aux photos et carousels. Le contenu original gagne en visibilité ; les profils qui se contentent de republier voient leur reach pénalisé, même quand ils généraient jusqu'ici plus de traction que le créateur d'origine.
Comment Instagram définit le contenu original
Pour limiter les zones grises, Instagram a précisé ses critères d'évaluation :
- Les comptes sont analysés sur une base glissante de 30 jours. Si la majorité des publications sur cette période sont des republications, le compte bascule dans la catégorie agrégateur.
- Sont reconnus comme contenu original : les uploads directs, les séries photos, les guides pratiques et les récits visuels.
- L'utilisation de contenus tiers reste tolérée à condition d'y apporter une valeur ajoutée réelle. Instagram le formule ainsi : « Demandez-vous si vos modifications apportent une valeur authentique au-delà du simple fait de reprendre ou référencer le contenu tiers. »

Ce qui ne change pas
La mise à jour ne touche pas à la façon dont Instagram affiche les publications auprès des abonnés d'un compte. Les éditeurs disposant d'accords de licence ou d'autorisations explicites des créateurs ne sont pas affectés non plus.
Pour partager le contenu d'un autre créateur, Instagram oriente vers ses outils natifs : collabs, remix ou le label de partenariat rémunéré. Pour mettre en avant du contenu tiers sans pénalité, la story et la fonction repost restent les voies recommandées.
Quel impact sur l'écosystème Instagram ?
Les comptes agrégateurs occupent aujourd'hui une place centrale dans la propagation des tendances. Les pénaliser pourrait freiner la viralité organique et appauvrir l'expérience de découverte. Instagram ne semble pas s'en préoccuper : et l'historique des Reels lui donne des arguments solides.
Derrière la rhétorique pro-créateurs, Meta a aussi un intérêt pratique : ses modèles d'IA ont besoin d'un flux constant de contenus variés et authentiques pour s'entraîner. Protéger la création originale, c'est aussi alimenter la machine.