ChatGPT reste le roi des chatbots aux États-Unis, et ce n'est pas vraiment une surprise
La moitié des adultes américains utilisent désormais un chatbot IA. La moitié. Contre 33 % en 2024. Si vous pensiez que l'IA était encore un truc de geeks en hoodie, le Pew Research Center vient de vous contredire avec 5 000 répondants et zéro ménagement.
L'étude est tombée fin juin 2026. Elle porte sur plus de 5 000 Américains interrogés sur leurs usages réels des outils d'IA conversationnels. Pas les intentions. Les usages réels.
ChatGPT : toujours premier, loin devant
44 % des utilisateurs de chatbots aux États-Unis passent par ChatGPT. Gemini de Google arrive en deuxième position, suivi de Copilot (Microsoft), Meta AI, Grok, Claude, puis Character.ai.
Claude fait beaucoup parler de lui en ce moment, à juste titre, il monte. Mais les chiffres Pew rappellent une vérité simple : celui qui arrive en premier crée le réflexe. ChatGPT est devenu le Kleenex de l'IA. Vous ne cherchez plus une information, vous « chattez » dessus. C'est plié.
À quoi servent vraiment ces outils ? Pas à ce qu'on croit
Voilà la partie qui devrait vous arrêter. La majorité des utilisateurs se servent de leur chatbot pour… faire des recherches. Chercher une information. Remplacer Google, en somme.
Seulement 24 % l'utilisent pour générer des images ou des vidéos. Un. Quart. Alors que les plateformes sociales; Meta, TikTok, Snapchat, tout le monde, empilent les fonctionnalités de génération visuelle depuis deux ans comme si leur vie en dépendait.
Les gens s'en fichent.
Mystère complet sur la stratégie, donc. Peut-être que les équipes produit sont tellement impressionnées par leur propre technologie qu'elles ont arrêté de regarder ce que les utilisateurs font concrètement. Ça arrive.
30 % des répondants estiment que les chatbots améliorent leur productivité et les aident à rester informés. C'est bien. Ce n'est pas non plus le grand soir de la disruption cognitive qu'on nous promettait.
Les éditeurs web feraient bien de ne pas détourner les yeux
L'autre enseignement de cette étude, douloureux, lui, concerne les AI Overviews de Google. Vous savez, ce résumé généré par l'IA qui apparaît en haut des résultats de recherche avant même les liens.
Il semblerait que la majorité des gens qui voient ces résumés s'en contentent. Ils ne scrollent pas. Ils ne cliquent pas. La réponse est là, ils prennent la réponse et ils partent.
En août dernier, Google affirmait que ses AI Overviews n'avaient pas d'impact significatif sur le trafic référent, que les utilisateurs cliquaient même sur une plus grande variété de sites. Très bien. Les données Pew racontent quelque chose de plus nuancé.
Traduction pour les éditeurs, les marques et les équipes SEO qui me lisent : si votre stratégie de contenu repose encore sur « apparaître dans les résultats Google et attendre le clic », vous avez un problème structurel, pas conjoncturel.
Une révolution, vraiment ?
Pew conclut prudemment : oui, l'usage progresse. Oui, il y a des points de valeur réels. Mais non, ce n'est pas encore le grand basculement que certains annoncent à grand renfort de keynotes et de slides en plein gradient.
Ce qui est certain : l'IA s'est installée dans les usages quotidiens par la petite porte, celle de la recherche d'information, pas celle de la création. Les gens veulent des réponses. Vite. Sans friction.
Le reste, les images générées, les vidéos synthétiques, les avatars personnalisés, attendra que quelqu'un trouve enfin un cas d'usage qui donne vraiment envie.
À très vite,
SJ