Microsoft Ads cible enfin par niveau hiérarchique LinkedIn et c'est moins anodin qu'il n'y paraît
Dix niveaux de séniorité. C'est ce que Microsoft Advertising vient d'ajouter à ses options de ciblage LinkedIn, et si vous faites du B2B en Search ou en Audience, vous avez de bonnes raisons de lire la suite.
La nouvelle a été annoncée par Navah Hopkins, Product Liaison chez Microsoft Advertising. Concrètement : les annonceurs peuvent désormais cibler ou observer leurs audiences en fonction de leur position dans la hiérarchie professionnelle, via les données LinkedIn. Les dix niveaux disponibles sont les suivants : CXO, VP, Director, Manager, Senior, Entry, Owner, Partner, Training et Volunteer.
Le ciblage est applicable aussi bien au niveau de la campagne qu'au niveau du groupe d'annonces. Ce qui laisse une vraie marge de manœuvre pour qui sait quoi faire de cette granularité.
Le problème que ça règle et que personne ne voulait admettre
Les marketeurs B2B vivaient depuis des années avec un angle mort majeur : impossible de distinguer, dans une campagne Search, le DRH qui signe les bons de commande du stagiaire qui fait une veille concurrentielle. Les deux cliquent sur les mêmes annonces. Les deux coûtent le même CPC. L'un convertit un jour, l'autre jamais.
Bonjour le foutage de gueule budgétaire.
L'ajout du filtre de séniorité ne résout pas tout mais il donne enfin un signal professionnel réel derrière le clic. C'est ce que les plateformes purement grand public ne peuvent pas offrir. Facebook sait que votre prospect aime la randonnée et les films des années 90. LinkedIn sait qu'il est VP Sales depuis trois ans dans une ETI de 400 personnes. Ce n'est pas le même boulot.
Ce que vous pouvez faire avec, concrètement sur Linkedin
Segmenter le message selon l'interlocuteur. Un directeur financier qui clique sur votre annonce de logiciel de gestion n'attend pas le même discours qu'un chef de projet en charge de l'implémentation. L'un veut du ROI et de la réduction de risque. L'autre veut savoir si l'intégration avec ses outils existants va lui pourrir les trois prochains mois.
Créer des groupes d'annonces séparés par niveau de séniorité, avec des accroches adaptées, c'est maintenant faisable sans bricolage.
Observer avant de restreindre. Le mode observation disponible aussi sur ce ciblage permet de collecter des données de performance par niveau hiérarchique sans réduire la portée de vos campagnes. Autrement dit, vous continuez à toucher tout le monde, mais vous apprenez qui convertit vraiment.
Les questions que ça permet de trancher :
- Vos conversions viennent-elles des décideurs ou des influenceurs du processus d'achat ?
- Dépensez-vous du budget sur des profils qui n'ont structurellement pas la main sur les achats ?
- Quel niveau de séniorité génère les leads les plus qualifiés et les plus rentables ?
Affiner les stratégies d'enchères. Si les données d'observation montrent que les CXO convertissent trois fois mieux que les profils Entry, vous avez un argument solide pour ajuster vos enchères en conséquence. Plus besoin de le deviner au doigt mouillé.
Disponible où, pour qui
La fonctionnalité est déployée dans une sélection de marchés. Pour les annonceurs francophones, voici l'état des lieux :
- Amériques : Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Équateur, Mexique, Pérou, États-Unis.
- EMEA : Égypte, Nigeria, Arabie saoudite, Afrique du Sud. (La France n'est pas encore dans la liste. Vous m'avez bien lue.)
- APAC : Australie, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Philippines, Singapour, Taïwan, Thaïlande, Vietnam.
Pour les annonceurs basés en France : c'est le moment de vérifier la disponibilité dans votre interface et de ne pas attendre le déploiement global pour préparer vos segmentations.
Ce que ça dit de la stratégie Microsoft
Microsoft joue une carte que Google ne peut pas jouer : l'accès aux données professionnelles LinkedIn. Pas un cookie. Pas une inférence comportementale. Une identité professionnelle déclarée, vérifiable, mise à jour par l'utilisateur lui-même.
Dans un marché publicitaire où tout le monde cherche à cibler « mieux » avec des signaux de plus en plus flous post-cookies, c'est un différenciateur réel. Pas révolutionnaire mais solide. Et en B2B, solide, ça compte.
À très vite,
SJ