Parlons sérieusement deux minutes. Slack ne se contente plus d'héberger vos messages et vos GIFs de bureau, la plateforme accueille désormais des agents et des assistants d'IA directement dans votre espace de travail. Des vrais, pas des chatbots bricolés. Des applications entières, conçues pour que vous puissiez discuter avec elles comme avec un collègue, en plus obéissant, et sans jamais réclamer une augmentation.
Ce que vous devez savoir avant d'installer quoi que ce soit
Ces applications viennent de deux sources : les développeurs tiers du Slack Marketplace, ou des équipes internes à votre organisation. Autrement dit, n'importe qui avec un peu de temps et un accès développeur peut vous fabriquer un agent maison. Ce n'est pas un problème en soi, c'est une information à avoir en tête.
Les applications passant par le Slack Marketplace sont soumises aux politiques et directives de Slack. Vous pouvez consulter la politique de confidentialité et les informations de conformité de n'importe laquelle depuis le répertoire. C'est là. Lisez-le. (Oui, je sais que personne ne lit les politiques de confidentialité. C'est précisément pour ça que je vous le dis.)
Par défaut, n'importe quel membre peut installer ces applications. Mais les propriétaires et administrateurs d'espace de travail ou d'organisation Enterprise peuvent activer une validation préalable : examiner, bloquer ou approuver chaque application avant qu'elle atterrisse dans les mains de toute l'équipe. Si vous gérez un espace de travail sensible, c'est une option à activer hier.
Pour voir les applications déjà installées : cliquez sur Outils dans la barre latérale, puis sur Applications. Trente secondes. Faites-le.
Comment ça fonctionne concrètement
Une fois l'application installée, tout le monde dans l'espace de travail peut l'utiliser immédiatement. Pas de configuration supplémentaire, pas de droits à réclamer au service informatique. C'est là, c'est ouvert, ça tourne.
Deux façons d'interagir avec un agent ou un assistant IA dans Slack.
Le mode écran divisé, pour les multitâches assumés
Vous voulez continuer à bosser dans Slack tout en interrogeant votre agent en parallèle ? Le mode écran divisé est fait pour ça. La conversation s'ouvre sur la partie droite de l'interface, votre canal ou message reste visible à gauche.
Pour l'activer depuis votre ordinateur :
- Cliquez sur Agent dans le coin supérieur droit de Slack.
- Si plusieurs agents sont disponibles, cliquez sur Agents supplémentaires pour choisir celui qui vous intéresse.
- Sélectionnez l'agent voulu.
- La conversation s'ouvre à droite.
Vous êtes en mode double écran sans le double écran.
L'onglet Messages, pour une conversation dédiée
Vous préférez une interaction plus focalisée, sans le reste de Slack en arrière-plan ? Passez par l'onglet Messages directement dans l'application de l'agent. Même principe qu'une conversation classique, sauf que votre interlocuteur ne sera jamais en réunion et ne vous laissera jamais en lecture seule.
Pour y accéder :
- Trouvez l'application dans votre barre latérale ou via Outils > Applications.
- Ouvrez l'application et naviguez vers l'onglet Messages.
- Tapez. L'agent répond.
C'est aussi simple que ça et c'est là que ça devient intéressant, ou inquiétant, selon votre niveau de paranoïa numérique.
Le vrai sujet : qui contrôle ce que votre agent sait sur vous
Voilà la question que personne ne pose dans les tutoriels officiels.
Ces agents, selon leur configuration, peuvent avoir accès à vos canaux, vos messages, vos fichiers. Ils apprennent de vos échanges. Ils mémorisent des contextes. C'est précisément ce qui les rend utiles, et précisément ce qui justifie qu'on lise les maudites politiques de confidentialité avant de cliquer sur « Installer ».
Vous êtes administrateur ? Activez la validation des applications. Vous êtes utilisateur lambda ? Demandez à votre admin quelles applications sont autorisées et pourquoi. Ce n'est pas de la paranoïa. C'est de l'hygiène numérique basique, au même titre que le RGPD vous impose, en théorie, de savoir ce que vous collectez et pourquoi.
Les outils sont là. Ils sont puissants. Reste à savoir si les personnes qui les déploient dans votre organisation ont réellement lu ce qu'elles ont installé.
Spoiler : souvent, non.
À très vite sur l'intelligence artificielle