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Rentrée scolaire : les ados sans réseaux sociaux ?

Rentrée scolaire : les ados bientôt sans réseaux ? 7 députés, 7 sénateurs, une CMP ce lundi, et on négocie encore sur l'accès des moins de 15 ans aux réseaux

Stéphanie Jouin
Stéphanie Jouin
Rédactrice en chef
3 min de lecture

Sept députés, sept sénateurs, une CMP convoquée à 13h30 ce lundi 20 juillet. Et une question qui n'aurait pas dû prendre aussi longtemps à régler : les moins de 15 ans auront-ils encore accès aux réseaux sociaux à la rentrée de septembre 2026 ?

Le gouvernement veut voter dès mardi. Macron s'est personnellement impliqué. Le calendrier est posé sur la table. Et pourtant, on négocie encore. Parce que, bien sûr, l'Assemblée et le Sénat n'ont pas voté la même chose. Évidemment.

Ce que l'Assemblée a voté : l'interdiction large

L'accès aux réseaux sociaux en ligne est interdit aux mineurs de moins de quinze ans. C'est le texte porté par la députée Renaissance Laure Miller, adopté par l'Assemblée nationale. Formulation large, volontairement. Sont exclus du dispositif les encyclopédies en ligne et les répertoires éducatifs ou scientifiques. Pour le reste : interdit.

Clair. Lisible. Probablement trop simple pour que ça passe sans encombre.

Ce que le Sénat a voté : le système à deux vitesses

Le Sénat, lui, a estimé qu'une formulation aussi générale risquait de tomber sous le couperet du Conseil constitutionnel. Alors il a réécrit le texte. Entièrement.

Résultat : deux catégories de plateformes. D'un côté, celles qui nuisent à « l'épanouissement physique, mental ou moral » de l'enfant, placées sur une liste noire définie par arrêté ministériel et interdites aux moins de 15 ans. De l'autre, les plateformes plus neutres, accessibles uniquement avec l'accord préalable d'au moins un parent.

Deux vitesses. Deux listes. Deux régimes. Et la certitude que les plateformes feront tout pour figurer dans la deuxième colonne plutôt que la première.

Bruxelles s'invite dans le débat

Le droit européen complique encore le tableau. La Commission européenne a examiné le texte sénatorial et rendu son avis il y a deux semaines : la France doit revoir en partie sa copie pour rester conforme au droit de l'Union européenne.

Bonjour le foutage de gueule. Le gouvernement y a lu une remise en cause du dispositif. Le Sénat, lui, y a vu un feu vert. Même document. Deux lectures opposées.

La semaine dernière, la Commission européenne a annoncé son intention d'instaurer un accès « progressif et gradué » des mineurs aux réseaux sociaux. Un comité d'experts a recommandé une interdiction totale sous 13 ans, puis un accès limité à certaines plateformes jusqu'à 18 ans. Les États membres resteraient libres de fixer un seuil supérieur à 13 ans.

La sénatrice Catherine Morin-Desailly a résumé la situation ainsi : il s'agit désormais de fixer « un âge, une référence autour de laquelle pourra s'articuler ce qui va être proposé par le droit européen ». Autrement dit : la loi française poserait le cadre, Bruxelles remplirait les cases.

La France pionnière en Europe ? Encore faut-il voter

Si la CMP aboutit à un compromis ce lundi et que l'Assemblée vote mardi, la France deviendrait effectivement pionnière dans l'Union européenne en matière de restriction des réseaux sociaux pour les mineurs. L'interdiction entrerait en vigueur à la rentrée de septembre 2026, en même temps que l'interdiction du téléphone portable au lycée, également inscrite dans le texte.

C'est le calendrier qu'Emmanuel Macron a promis de tenir. C'est l'ambition affichée depuis janvier. Il reste moins de 48 heures pour que ça devienne autre chose qu'une promesse.

On regarde la suite de près.

À très vite,

SJ

Questions fréquentes

Rentrée scolaire 2026 : les ados de moins de 15 ans vont-ils vraiment être interdits de réseaux sociaux ?

Si la Commission mixte paritaire (CMP) aboutit à un accord ce lundi 20 juillet 2026 et que l'Assemblée nationale vote mardi, l'accès aux réseaux sociaux sera interdit aux moins de 15 ans dès la rentrée de septembre 2026 en France. Rien n'est encore signé. Il reste moins de 48 heures pour que cette promesse devienne loi, et les négociations entre l'Assemblée et le Sénat ne sont pas terminées.

Comment fonctionnerait concrètement l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs ?

Deux versions s'affrontent encore en CMP. Le texte de l'Assemblée nationale prévoit une interdiction large de tous les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, avec une exception pour les encyclopédies et répertoires éducatifs. Le texte du Sénat, lui, crée deux listes : les plateformes jugées nuisibles à "l'épanouissement physique, mental ou moral" de l'enfant, interdites, et les plateformes "neutres", accessibles avec l'accord préalable d'au moins un parent. Ce sont les plateformes elles-mêmes qui feront tout pour atterrir dans la deuxième colonne. Tout le monde l'a compris.

Quelle est la différence entre la version de l'Assemblée nationale et celle du Sénat sur cette loi ?

La version de l'Assemblée nationale pose une interdiction unique et uniforme pour tous les réseaux sociaux et tous les moins de 15 ans, sans distinction de plateforme. La version sénatoriale introduit un système à deux vitesses : une liste noire de plateformes interdites par arrêté ministériel, et une liste de plateformes accessibles sous autorisation parentale. Le Sénat a justifié cette réécriture par un risque de censure devant le Conseil constitutionnel, estimant que la formulation trop large de l'Assemblée ne résisterait pas à l'examen juridique.

Où en est l'Europe sur la question des réseaux sociaux pour les mineurs ?

La Commission européenne a recommandé en juillet 2026 un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux, avec une interdiction totale sous 13 ans et un accès limité à certaines plateformes entre 13 et 18 ans (avis du comité d'experts, juillet 2026). Les États membres resteraient libres de fixer un seuil supérieur à 13 ans. Si la France vote son texte cette semaine, elle deviendrait pionnière dans l'Union européenne en matière de restriction, avant même que Bruxelles ait finalisé son propre cadre.

Quelle est l'erreur à ne pas faire quand on parle de cette loi à son ado ?

Croire que c'est déjà voté. Au 20 juillet 2026, aucune interdiction n'est encore entrée en vigueur : la CMP se réunit ce lundi, le vote à l'Assemblée est prévu mardi, et le texte final reste incertain. Présenter cette loi comme une règle définitive à votre gamin avant le vote, c'est risquer de devoir vous rétracter dans 72 heures. Attendez la promulgation avant d'annoncer quoi que ce soit.
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Stéphanie Jouin
Stéphanie Jouin
Rédactrice en chef

Stéphanie Jouin est une entrepreneure française spécialisée des réseaux sociaux et communication. Elle accompagne les entreprises dans leur croissance via des stratégies de contenu, les outils no-code, avec une approche orientée performance et résultats.

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