Meta lance Pocket, son appli créative dopée à l'IA, et on attend de voir
Meta avance. Quoi qu'on en pense, quoi qu'on lui reproche, Meta avance. Pendant que la grogne monte sur la déferlante de contenus générés par IA qui noient ses plateformes, la maison Zuckerberg sort une nouvelle application. Elle s'appelle Pocket. Elle permet de créer des mini-jeux et des outils interactifs en tapant une simple phrase.
Le principe, tel que décrit sur le Google Play Store : « Pocket est une plateforme créative pour fabriquer et partager des gizmos. Un gizmo, c'est un petit truc interactif sur lequel vous pouvez appuyer et jouer… et vous pouvez en créer un simplement en le décrivant. » Voilà. C'est dit.
Concrètement : vous voulez un jeu où vous tabassez des aliens pour la suprématie galactique ? Vous le tapez. L'IA de Meta s'en charge. Vous pouvez aussi scroller dans un feed de gizmos créés par d'autres utilisateurs, les liker, les commenter, faire remonter les meilleurs. Le tout sans écrire une ligne de code.
Démocratiser la créativité, très bien. Mais démocratiser le talent ?
C'est là où ça coince. Et je vais être honnête, parce que cette question mérite mieux qu'un communiqué de presse enthousiaste.
Oui, ces outils abaissent la barrière d'entrée. Oui, parmi les millions de gizmos qui vont être générés, certains seront probablement intéressants. L'argument de la démocratisation créative, je ne le balaie pas d'un revers de main, donner à tout le monde la capacité de créer des jeux, des livres, des expériences interactives, c'est une promesse qui n'est pas entièrement vide.
Mais.
S'il y a si peu de grands artistes, de game designers qui marquent leur époque, de créateurs qui trouvent une audience captive, ce n'est pas un accident. C'est des années d'erreurs, de recommencements, d'ingestion obsessionnelle de ce qui a été fait avant. La capacité technique à produire quelque chose n'a jamais suffi. Ce que les évangélistes de l'IA ont tendance à escamoter un peu vite.
Résultat prévisible : la majorité des gizmos générés sur Pocket seront, soyons francs, assez ennuyeux. Pas par mauvaise volonté de leurs créateurs, par manque d'expérience, tout simplement. Et si le feed devient un cimetière de projets tièdes, les utilisateurs décrocheront. C'est le cycle classique de ce type d'appli.
L'avenir de Pocket s'écrira dans les détails
Meta a le mérite de tenter. L'appli existe, elle est disponible, elle est gratuite. Ce qui se jouera dans les prochaines semaines, c'est la qualité réelle des créations qui émergent, et la capacité de Meta à faire remonter les rares pépites dans le feed sans noyer l'utilisateur sous du médiocre généré en masse.
Facile à dire. Beaucoup moins facile à faire.
On regarde.
À très vite, SJ