YouTube étend ses comptes enfants supervisés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Turquie
90 %. C'est la proportion d'ados américains de 13 à 17 ans qui utilisent YouTube régulièrement, selon une étude Pew Research de 2023. La plateforme la plus regardée par les jeunes du monde entier vient donc d'étendre ses comptes enfants supervisés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Turquie. C'est acté depuis le 1er juillet. On note.
Ces comptes supervisés, disponibles via le Family Center de YouTube, permettent aux parents de choisir parmi trois niveaux de contenus, broadly alignés sur les classifications internationales. Autrement dit : vous décidez ce que votre gosse regarde, ou du moins ce que l'algorithme est autorisé à lui proposer.
Ce que les parents peuvent concrètement contrôler
La liste est honnêtement plus sérieuse qu'un simple filtre parental bricolé en cinq minutes. Les parents peuvent :
- Choisir le niveau de contenus autorisés (trois paliers, alignés sur les classifications internationales)
- Activer un minuteur sur le feed Shorts, cette fonctionnalité avait d'abord été introduite pour les comptes ados américains en avril dernier
- Décider si l'enfant peut créer du contenu ou rédiger des commentaires
Par défaut, et pour tous les utilisateurs de moins de 18 ans, des protections intégrées s'appliquent : rappels de pause, alertes Bedtime pour inciter à s'arrêter le soir. Et surtout, détail qui mérite qu'on s'y arrête, ces comptes enfants ne servent aucune publicité ciblée.
Pas de ciblage publicitaire. Sur un enfant. Voilà.
YouTube préfère l'éducation à l'exclusion. Surprise.
YouTube le dit sans détour dans son communiqué du 1er juillet : la plateforme estime que « l'éducation au numérique est une meilleure approche que l'exclusion ». La formule est jolie. Elle est aussi très pratique quand on gère la plateforme vidéo la plus consommée par les mineurs de la planète et qu'on préfère éviter les législations contraignantes.
La plateforme insiste sur la richesse éducative des contenus locaux disponibles dans la région, Science Street, Droos Online pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, TRT Çocuk et Kukuli en Turquie. Argument légitime. Argument également très bien calibré pour montrer patte blanche face aux régulateurs.
Ces comptes supervisés ont été conçus, précise YouTube, avec des spécialistes indépendants du développement de l'enfant. L'objectif affiché : créer des expériences adaptées à l'âge pour « protéger les enfants dans le monde numérique, pas du monde numérique ». C'est la nuance sur laquelle YouTube mise tout.
Un déploiement géographique qui soulève une question simple
Ces outils existaient déjà pour les ados américains. Ils viennent d'arriver pour les enfants de la zone MENA et Turquie. Ce qui revient à demander : combien de temps les familles de ces régions ont-elles regardé leurs gosses scroller sans filet, pendant que YouTube testait ses outils ailleurs ?
La question n'est pas rhétorique. Elle est structurelle.
À très vite,
SJ