Threads et ses 500 millions d'utilisateurs : Elon, ton trône vacille
500 millions. Demi-milliard. Threads vient de franchir le cap des 500 millions d'utilisateurs actifs mensuels, et si ce chiffre ne vous fait rien, relisez-le. Parce que ça veut dire que Meta est désormais à 50 petits millions d'unités de X, la plateforme qu'Elon Musk a rachetée 44 milliards de dollars pour en faire son mégaphone personnel.
Cinquante millions. Sur 550. C'est la marge qui sépare encore X de Threads dans la course aux discussions en temps réel. Et je dis « encore ».
Petite précision qui a son importance : les 550 millions de MAU revendiqués par X ne sortent d'aucun rapport officiel. Aucune publication réglementée, aucune donnée auditée. Ces chiffres viennent du prospectus de SpaceX, dont X est désormais une filiale; et, à l'occasion, de posts aléatoires de Musk lui-même sur sa propre plateforme. Bonjour la rigueur comptable.
Zuckerberg avait dit qu'il voulait le milliard
Retour en 2023. Threads se lance dans une ambiance de grand déballage post-Twitter. Musk vient de virer la moitié des équipes, les annonceurs fuient, les utilisateurs grognent. Zuckerberg sort Threads de sa poche et poste, sur l'appli elle-même : l'objectif, c'est de faire une version plus saine de Twitter. « C'est l'une des raisons pour lesquelles Twitter n'a jamais réussi autant qu'il aurait dû. Nous voulons faire les choses différemment. »
Il avait aussi dit qu'il visait le milliard d'utilisateurs.
Trois ans plus tard, Threads est à mi-chemin. Ce n'est plus un projet opportuniste pour récupérer les exilés de Twitter. C'est un concurrent réel, structuré, qui grignote.
Les communautés sortent enfin de leur bêta permanente
Pour accompagner ce cap, Meta ne s'est pas contenté d'un communiqué de presse. Plusieurs fonctionnalités débarquent, ou se généralisent, en même temps.
Premier chantier : les communautés. Lancées en octobre dernier en version bêta, elles sont désormais ouvertes à tous les utilisateurs. L'idée est simple, regrouper les discussions par thématique pour que vous retrouviez les conversations qui vous intéressent sans nager dans le flux général. Meta ne publie aucun chiffre d'usage sur la fonctionnalité (ce qui est une réponse en soi), mais les communautés disponibles se sont multipliées régulièrement depuis le lancement.
Nouveautés associées : des icônes personnalisées pour identifier les communautés, une meilleure mise en avant des contributeurs les plus actifs de chaque groupe, et un hub dédié dans la barre latérale gauche de l'appli pour retrouver ses groupes favoris sans chercher pendant dix minutes. Threads ajoute aussi des indicateurs de progression, un signal qui vous prévient quand un topic est sur le point d'atteindre le seuil pour devenir une communauté officielle. Et les live chats arrivent dans davantage de communautés, avec co-animation et possibilité de citer des moments directement dans le feed principal.
Dernier point sur les communautés : Threads lance des versions locales par région. Premier marché visé, le Japon, avec des tags en langue natale, suivi de la Corée et de Taïwan. Ce n'est pas un hasard. Le Japon est l'un des rares pays où X tient encore vraiment bien. Si Threads perce là-bas, le rapport de force change.
L'algorithme, vous pouvez maintenant lui parler comme à un adulte
Threads officialise aussi l'arrivée de « Your Algo » sur la plateforme fonctionnalité déjà disponible sur Instagram depuis un moment. Le principe : vous accédez aux réglages de votre compte et vous dites directement à l'algorithme ce que vous voulez voir plus ou moins. La mise à jour de votre feed tient jusqu'à sept jours.
C'est différent de « Dear Algo », qui existe sur Threads depuis décembre. Celle-là, vous l'utilisiez en postant un message dans votre flux avec la mention Dear Algo dans le texte, ce qui, avouons-le, ressemblait davantage à une séance de thérapie publique qu'à un vrai outil de personnalisation.
Your Algo, c'est un réglage propre, dans les paramètres, pas dans le fil public. C'est mieux. Ça s'appelle une interface utilisateur qui respecte ses utilisateurs. Le déploiement commence aujourd'hui aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Bilan : Threads a mis trois ans à se construire une identité, et ça commence à ressembler à quelque chose de solide. X perd des annonceurs, Musk tweete des chiffres non vérifiés, et Threads installe des communautés, des outils de personnalisation et des marchés locaux. L'un des deux a l'air de savoir ce qu'il fait.
À très vite,
SJ