Ce qu'Adam Mosseri ne vous dira jamais clairement mais qu'il a quand même dit
Adam Mosseri a encore partagé des « conseils » sur les taux d'engagement, sur son compte Instagram personnel. Des notes régulières, censées maintenir le lien avec les créateurs et donner accès à la philosophie de la plateforme. En théorie.
En pratique ? La plupart du temps, c'est du niveau « postez du contenu qui intéresse votre audience ». Merci Adam. On n'y aurait jamais pensé tout seuls.
Sa dernière sortie, publiée fin mai, est un cran au-dessus. Pas révélateur, non. Mais utile, à condition de savoir quoi en faire.
Reach ou taux d'engagement : vous regardez peut-être le mauvais chiffre
Voici ce que Mosseri a dit, et c'est la partie qui compte : « La chose qui importe le plus, et sur laquelle vous devriez vraiment vous concentrer, ce n'est pas le reach que votre post a obtenu. C'est important, évidemment. Mais si vous voulez comprendre pourquoi un post a eu plus ou moins de reach, vous devriez vous concentrer sur vos taux d'engagement. »
Traduction pour tout le monde : le reach est une conséquence. Le taux d'engagement en est la cause. Si votre portée stagne, cherchez d'abord ce qui se passe du côté des interactions, pas du côté du budget pub.
L'algorithme est simple dans sa logique : des gens interagissent avec votre contenu
→ c'est le signal que d'autres pourraient vouloir le voir
→ Instagram l'envoie plus loin. Le temps de visionnage compte aussi.
Mais ce sont les actions spécifiques des utilisateurs qui pèsent le plus lourd dans la balance.
Reach connecté, reach non connecté, et pourquoi vous devez arrêter de tout mettre dans le même seau
Mosseri introduit une distinction que beaucoup de community managers négligent encore : le reach connecté versus le reach non connecté.
- Reach connecté : le nombre de vos abonnés qui ont vu le post.
- Reach non connecté : le nombre de personnes qui ne vous suivent pas et qui l'ont quand même vu.
Ce n'est pas qu'une question de vocabulaire. Ces deux audiences répondent à des signaux différents. Et c'est là que ça devient intéressant.
« Les taux d'engagement qui comptent le plus varient légèrement », dit Mosseri. « Par exemple, les likes comptent davantage pour vos abonnés. Les partages comptent davantage pour ceux qui ne vous suivent pas. »
Autrement dit :
- Les likes nourrissent votre communauté existante. Ils signalent à Instagram que votre contenu mérite d'être montré à des gens qui partagent les mêmes centres d'intérêt que vos abonnés actuels.
- Les partages font exploser le périmètre. Quand un utilisateur envoie votre post à un ami, Instagram comprend que le contenu a une valeur au-delà de votre réseau immédiat, et l'injecte dans l'Explore et les surfaces de recommandation.
Un abonné ne voit pas tous vos posts. Oui, toujours en 2026.
Ce point-là, Mosseri ne l'a pas reformulé, mais il est sous-jacent à tout ce qu'il a dit et il continue de faire enrager des créateurs depuis des années.
Même si quelqu'un vous suit, il ne verra pas nécessairement vos publications. Le feed est un classement, pas une chronologie. Si cet abonné n'interagit jamais avec votre compte, votre dernier post n'apparaîtra pas en haut de son feed. Simple. Brutal. Toujours d'actualité.
Seule une fraction de vos abonnés voit chaque nouveau post. C'est comme ça depuis longtemps avec l'algo. Et non, ça ne va pas changer.
Ce que ça change concrètement dans votre stratégie
Voici ce que Mosseri dit, traduit en termes opérationnels :
- Vous voulez fidéliser et engager votre communauté → optimisez pour les likes. Créez du contenu qui résonne avec ceux qui vous suivent déjà.
- Vous voulez croître et toucher de nouvelles audiences → optimisez pour les partages. Créez du contenu que les gens auront envie d'envoyer à quelqu'un d'autre.
Ce ne sont pas les mêmes formats. Ce ne sont pas les mêmes déclencheurs émotionnels. Ce ne sont pas les mêmes KPIs à suivre dans vos rapports.
Arrêtez de regarder votre reach global comme un seul chiffre à faire grossir. Regardez d'où il vient, et pourquoi.
Mosseri l'a dit. C'est rare qu'il soit aussi concret. Autant en profiter.
À très vite,
SJ