ChatGPT va afficher des publicités en France à partir de la fin août 2025. OpenAI l'a annoncé par email à ses utilisateurs européens le 15 août. Vous m'avez bien lu : des pubs. Dans votre assistant IA. Qui vous connaît, vous parle, et sait ce que vous êtes en train de chercher.
Le déploiement a commencé le 9 février aux États-Unis, s'est étendu au Canada, à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande, puis à cinq nouveaux marchés le 11 août dont le Royaume-Uni. L'espace économique européen et la Suisse sont désormais dans la file.
Les offres Free et Go ciblées en premier, les abonnés payants épargnés
Les publicités dans ChatGPT concernent les utilisateurs des forfaits gratuits (Free) et du plan Go. Les abonnements Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu n'en affichent pas. C'est le même modèle que sur les autres marchés : l'annonce se place sous une réponse de l'assistant, clairement identifiée comme sponsorisée, séparée visuellement du texte généré.
OpenAI répète que les annonceurs n'ont accès ni aux conversations, ni à l'historique, ni aux données personnelles. Ils ne reçoivent que des mesures agrégées de vues et de clics. (On verra ce que ça donne dans la pratique. On verra.)
Deux options pour y échapper, selon OpenAI :
- Souscrire un abonnement payant, Plus ou Pro.
- Rester sur l'offre gratuite en activant le mode sans publicité, contre des limites de messages abaissées et un accès réduit à certains outils, dont la génération d'images.
Autrement dit : vous payez avec votre attention ou avec votre carte bleue. Le choix cornélien de notre époque.
Consentement avant personnalisation : le régime européen fait la différence
En Europe, les publicités affichées dans ChatGPT ne seront pas personnalisées au démarrage. OpenAI sélectionne les annonces à partir du sujet de la conversation en cours et d'informations contextuelles limitées, comme la localisation générale et le type d'appareil utilisé. L'entreprise le précise noir sur blanc : « Nous n'utilisons pas vos conversations passées ni vos souvenirs pour sélectionner ces publicités. »
La personnalisation viendra dans un second temps. Et elle sera soumise au consentement préalable de l'utilisateur, gérable dans les paramètres. C'est exactement l'inverse du modèle déployé sur les marchés déjà ouverts, où la personnalisation puise dans l'historique et la mémoire par défaut, à charge pour l'utilisateur de la désactiver s'il le souhaite.
Bonjour le foutage de gueule pour les non-Européens.
Le responsable de traitement pour l'espace économique européen et la Suisse est OpenAI Ireland Limited. C'est donc la Data Protection Commission irlandaise (DPC) qui fait office d'autorité chef de file au sens du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Les utilisateurs français peuvent aussi saisir directement la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) s'ils estiment que leurs droits ne sont pas respectés.
Petit détail qui a son importance : au 15 août, la politique de confidentialité européenne d'OpenAI était toujours datée du 4 juin et n'évoquait nulle part la publicité. Le cadre juridique censé encadrer ce ciblage n'était donc pas encore public au moment de l'annonce.
Très bien.
Les annonceurs français doivent encore patienter avant d'accéder à l'Ads Manager
L'Ads Manager de ChatGPT, le gestionnaire publicitaire lancé en mai 2025, est pour l'instant accessible dans sept pays : l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni (OpenAI, page de disponibilité Ads Manager, août 2025). La France n'y figure pas.
Résultat concret : les internautes français verront des publicités dans ChatGPT avant que les marques françaises puissent en acheter en libre-service. Pour l'instant, les annonceurs hexagonaux pouvaient seulement manifester leur intérêt auprès d'OpenAI et attendre que la porte s'ouvre. Aucune date n'a été communiquée pour l'extension de l'Ads Manager à la France.
On vous vend de l'attention sur un outil que vous utilisez pour réfléchir, rédiger, chercher. Et les règles du jeu ne sont pas encore toutes écrites. À suivre de très près.