Depuis quelques années, les carrousels "dumps" cartonnent sur Instagram. Rien à voir avec les contenus léchés qui faisaient la norme il y a encore peu. Ici, on poste un melting pot de photos prises sur le vif, dans une logique presque anti-instagrammable. Et c’est précisément ce qui fait sa popularité.
Le dump, c’est un carrousel de 5 à 10 photos, souvent sans légende ou simplement daté. On y voit des moments de vie : un plat, un visage coupé, une rue au hasard, un selfie de dos, un ticket de caisse ou un coucher de soleil raté. Ce format brouillon dit tout haut ce qu’Instagram essayait de cacher : la vraie vie, sans storytelling forcé.
Les Dumps Insta changent l’image du réseau
Depuis la pandémie, les utilisateurs d’Instagram, notamment les 18-30 ans, ont changé leur rapport à l’image. Finies les photos ultra-retouchées, les poses parfaites et les récits de vie trop propres. Ce qu’ils veulent aujourd’hui, c’est de l’authentique. Ou du moins, quelque chose qui y ressemble.
Et le dump coche toutes les cases : c’est brut, spontané, bordélique. Mais attention, il ne faut pas croire que tout est laissé au hasard. Le choix des photos, leur ordre, le ton général : tout est pensé pour créer une esthétique du “je m’en fiche”, savamment orchestrée.
Verbatim entendu chez une créatrice de contenu lifestyle :
“Avant, je passais 3 heures à retoucher une photo. Maintenant, je poste un dump en 5 minutes, mais je mets 30 minutes à choisir les 7 images qui racontent le mood. Le plus dur, c’est de faire croire que c’est fait à l’arrache.”