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Marchés de prédiction Snapchat : guide complet 2026

Marchés de prédiction Snapchat : les parieurs y misent 1,6x plus, et 73 % laissent les créateurs choisir leur appli de paris à leur place.

Stéphanie Jouin
Stéphanie Jouin
Rédactrice en chef
4 min de lecture

Snapchat vient de publier une étude pour convaincre les marques de paris sportifs que son application est le meilleur endroit pour toucher des parieurs engagés. C'est commercialement habile. C'est aussi, compte tenu de la base d'utilisateurs de Snapchat, assez préoccupant.

Laissez-moi vous résumer la chose, parce que les chiffres méritent qu'on s'y attarde.

Ce que dit l'étude Snapchat sur les parieurs

Les parieurs sportifs américains actifs chaque mois sont 1,4 fois plus susceptibles d'être des utilisateurs quotidiens de Snapchat que la population générale des 21-44 ans (étude Snapchat x Alter Agents, août 2026, plus de 1 000 répondants majeurs). Snapchat a mandaté Alter Agents pour mener cette enquête, et les résultats sont, reconnaissons-le, plutôt bien ficelés sur le plan marketing.

Les utilisateurs de Snapchat ne regardent pas juste le score. Ils préparent leurs mises dans l'appli, suivent les cotes en direct, discutent stratégie avec leurs contacts. Et 59 % des parieurs Snapchat déclarent se sentir plus confiants dans leurs paris après en avoir discuté avec leur cercle proche sur la plateforme.

Bonjour la chambre d'écho.

Le chiffre qui devrait vous faire lever un sourcil : les Snapchatters parient en moyenne 1,6 fois plus chaque mois que les non-utilisateurs. Et 75 % d'entre eux misent davantage lors des grands événements sportifs qu'en saison régulière.

Les créateurs Snapchat influencent directement les choix de plateformes de paris

73 % des parieurs actifs sur Snapchat déclarent que les créateurs de contenus influencent directement leur choix d'application de paris (étude Snapchat x Alter Agents, 2026). Pas les publicités. Les créateurs. Ce n'est pas rien.

Et 50 % des utilisateurs ont téléchargé une application de paris après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux. Le bouche-à-oreille numérique fonctionne : 1 utilisateur sur 3 transmet spontanément une opportunité de pari à son cercle de proches via message privé.

Un. Sur. Trois.

Snapchat en tire la conclusion logique côté régie : les marques de paris sportifs et de marchés prédictifs ont intérêt à concentrer leur budget sur les grands événements, à travailler avec des créateurs, et à exploiter la mécanique sociale de l'appli pour amplifier le bouche-à-oreille.

Le problème que Snapchat effleure à peine

L'étude porte exclusivement sur des utilisateurs majeurs, au-dessus de l'âge légal de jeu. C'est précisé, c'est cadré, très bien. Sauf que Snapchat reste une application massivement utilisée par des mineurs. En France, selon le Baromètre du numérique 2024 (CREDOC, 2024), Snapchat est la première application des 12-17 ans.

Alors quand Snapchat vend aux marques de sportsbooks l'idée qu'ils peuvent toucher une "audience captive" d'utilisateurs engagés, la question qui reste sans réponse dans le rapport c'est celle-là : comment, concrètement, vous garantissez que vos publicités pour des opérateurs de paris ne vont pas s'afficher dans le feed d'un gamin de 15 ans ?

La réponse dans le document ? Un glissement de pied pudique. "Ces insights sont précieux, à condition que les promotions ne touchent pas accidentellement la mauvaise tranche d'âge."

Accidentellement.

C'est le mot choisi. Et franchement, après des années à observer comment le ciblage publicitaire fonctionne en pratique sur ces plateformes, le mot "accidentellement" ne me rassure pas. Il me rappelle surtout que le Digital Services Act (DSA), entré en application pour les très grandes plateformes depuis 2024, interdit en principe le ciblage publicitaire basé sur des données sensibles auprès des mineurs, et impose des obligations de vérification d'âge sérieuses. Snapchat, avec ses quelque 850 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans le monde, est pleinement dans le champ du DSA.

La question de savoir si déployer une offre commerciale aussi agressive à destination des marques de jeux d'argent est compatible avec ces obligations, je la pose. Je n'ai pas la réponse de Snapchat. Je ne l'ai pas trouvée dans leur rapport.

Ce que ça dit du marché des paris sportifs en ligne

Le marché mondial des paris sportifs en ligne est estimé à 115 milliards de dollars en 2025 (Grand View Research, 2025). Les plateformes sociales savent qu'elles ont un rôle à jouer dans la chaîne de valeur, et elles veulent leur part. YouTube a renforcé ses restrictions sur les contenus de jeux et paris en octobre 2025. Meta (Facebook, Instagram) étudie de son côté une entrée sur les marchés prédictifs, selon des informations de juin 2026.

Snapchat, lui, ne tâtonne pas. Il publie un livre blanc, commande une étude sur mesure, et va démarcher les annonceurs du secteur avec des arguments chiffrés.

C'est du business. Du business bien documenté.

Mais le business bien documenté et la responsabilité vis-à-vis des publics jeunes, ça devrait pouvoir coexister sans que l'un étouffe l'autre. Pour l'instant, dans ce rapport, la deuxième préoccupation tient en une demi-phrase de conclusion.

C'est trop peu.

À très vite, SJ

Questions fréquentes

Que révèle l'étude Snapchat sur les paris sportifs et les marchés de prédiction ?

L'étude Snapchat x Alter Agents (août 2026, plus de 1 000 répondants majeurs aux États-Unis) révèle que les parieurs sportifs actifs sont 1,4 fois plus susceptibles d'être des utilisateurs quotidiens de Snapchat que la population générale des 21-44 ans, et qu'ils parient en moyenne 1,6 fois plus chaque mois que les non-utilisateurs. En clair : Snapchat se positionne auprès des annonceurs comme un canal privilégié pour toucher des parieurs engagés, en capitalisant sur la mécanique sociale de l'appli.

Comment les marques de paris sportifs peuvent-elles utiliser Snapchat pour toucher leurs cibles ?

Selon les résultats de l'étude Snapchat x Alter Agents (2026), trois leviers sont particulièrement efficaces : concentrer les campagnes sur les grands événements sportifs (75 % des parieurs Snapchat misent davantage hors saison régulière), travailler avec des créateurs de contenus (73 % des parieurs actifs déclarent que ces créateurs influencent directement leur choix d'application de paris), et activer le bouche-à-oreille via la messagerie privée. Un utilisateur sur trois transmet spontanément une opportunité de pari à ses contacts. Pas les publicités classiques : les créateurs et les pairs. C'est précisément ça qui pose un problème.

Quelle est la différence entre publicité classique de paris sportifs et influence via créateurs sur Snapchat ?

La publicité classique de paris sportifs est un format identifié, étiqueté, soumis aux règles de ciblage publicitaire. L'influence via créateurs sur Snapchat relève d'un registre différent : c'est une recommandation perçue comme personnelle, intégrée au flux de contenu ordinaire, et statistiquement plus efficace pour déclencher le téléchargement d'une application de paris (50 % des utilisateurs ont téléchargé une appli de paris après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux, selon Snapchat x Alter Agents, 2026). Le Digital Services Act (DSA), en vigueur pour les très grandes plateformes depuis 2024, encadre ces deux formats différemment, mais la frontière entre contenu organique et contenu sponsorisé reste difficile à contrôler en pratique.

Quelle est la part des mineurs parmi les utilisateurs de Snapchat en France ?

En France, Snapchat est la première application des 12-17 ans (Baromètre du numérique, CREDOC, 2024). C'est le chiffre que l'étude Snapchat x Alter Agents (2026) ne met pas en avant, pour des raisons qu'on comprend aisément. L'étude précise qu'elle porte exclusivement sur des répondants majeurs : très bien, c'est cadré. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est la garantie concrète que les publicités pour opérateurs de paris sportifs n'atterrissent pas dans le feed d'un utilisateur de 15 ans. Le DSA, qui s'applique pleinement à Snapchat et ses quelque 850 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans le monde, impose pourtant des obligations sérieuses de vérification d'âge.

Quelle est l'erreur à ne pas commettre quand on lit les données Snapchat sur les paris sportifs ?

L'erreur classique : prendre l'étude Snapchat x Alter Agents (2026) pour une analyse neutre alors qu'il s'agit d'un document commercial commandé par Snapchat pour convaincre les marques de jeux d'argent d'investir sa régie publicitaire. Les chiffres ne sont pas faux pour autant, mais ils sont sélectionnés. Ce que l'étude ne traite pas, c'est la question de la protection des mineurs sur une plateforme massivement utilisée par des moins de 18 ans. Se contenter du mot "accidentellement" pour qualifier le risque d'exposition des mineurs aux publicités de paris sportifs, c'est exactement le genre de glissement qu'un annonceur responsable, et un régulateur attentif au DSA, ne devrait pas laisser passer.
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Stéphanie Jouin
Stéphanie Jouin
Rédactrice en chef

Stéphanie Jouin est une entrepreneure française spécialisée des réseaux sociaux et communication. Elle accompagne les entreprises dans leur croissance via des stratégies de contenu, les outils no-code, avec une approche orientée performance et résultats.

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