Meta prépare un pendentif IA. Et ça va enregistrer vos conversations.
600 milliards de dollars. C'est ce que Meta s'est engagé à dépenser en infrastructures IA sur les trois prochaines années, rien qu'aux États-Unis. Alors quand on apprend que la même entreprise planche sur un pendentif connecté capable de vous écouter en permanence, on ne peut pas dire qu'on ne voit pas venir le truc.
Selon des communications internes révélées par The Information, Meta préparerait le lancement de plusieurs appareils dopés à l'IA, dont un pendentif, ainsi que quatre nouveaux modèles de lunettes connectées. L'idée : rendre Meta AI accessible à tout moment, d'une simple pression sur le bijou. Pratique. Très pratique.
Limitless, la startup qui a tout déclenché
Ce pendentif ne sort pas de nulle part. En décembre dernier, Meta a racheté Limitless, une startup qui développait déjà exactement ça : un pendentif IA capable d'enregistrer des conversations, d'en générer des résumés et de créer des rappels automatiques. Meta compte logiquement intégrer ses propres fonctionnalités à la sauce Meta AI, le tout avec une promesse supplémentaire, se passer de la caméra intégrée aux lunettes, jugée trop intrusive.
Bonjour le foutage de gueule. On remplace une caméra portée sur le nez par un micro porté sur la poitrine, et on appelle ça "moins intrusif".
Au programme également : une offre par abonnement baptisée "Wearables for Work", ciblant les professionnels. Parce que visiblement, il ne suffisait plus de vous vendre des lunettes à 300 euros.
Zuckerberg veut être le socle de l'IA mondiale. Ses propres équipes doutent.
Mark Zuckerberg est clair sur ses ambitions : il veut que Meta devienne l'infrastructure fondatrice de la poussée IA mondiale. L'intelligence artificielle comme système d'exploitation de nos vies, Meta comme fournisseur exclusif. Vision assumée, budget colossal, tempo effréné.
Sauf que.
Alexandr Wang, directeur de la superintelligence IA chez Meta, a accordé le mois dernier une interview au podcast The Core Memory. Sa conclusion, posée avec un calme déconcertant : les projets IA, y compris ceux de Meta, « n'ont pas encore démontré, de manière vraiment concrète, en quoi cela représente un outil d'autonomisation personnelle ou en quoi cela rend la vie des gens vraiment meilleure ». Il a ajouté que si certains utilisateurs trouvent les outils IA utiles, l'expérience globale n'est « pas significativement meilleure » pour autant.
Voilà. Le patron de la superintelligence IA chez Meta qui dit, en clair, que ça ne sert pas encore à grand-chose.
Un pendentif pour sauver la mise ?
Le contexte général n'aide pas. L'enthousiasme autour de l'IA commence sérieusement à s'éroder. Les entreprises qui ont investi dans ces outils ne voient pas encore les gains promis, mais les coûts d'implémentation, eux, continuent de grimper. Les réseaux sociaux inondent leurs plateformes de contenu généré par IA au détriment de la vraie parole humaine. L'internet entier ressemble de plus en plus à un couloir tapissé de contenu synthétique.
Dans ce tableau, un pendentif qui traduit, prend des notes et génère des rappels à partir de vos conversations, c'est peut-être ça, l'utilité concrète que l'IA peine encore à démontrer. Pas la superintelligence. Pas l'agent autonome. Un assistant qui retient ce que vous avez dit à votre client ce matin et vous le ressort proprement le soir.
Peut-être. Ou peut-être qu'on va juste se retrouver avec un gadget de plus qui aspire nos conversations pour entraîner des modèles que Meta revendra en B2B à des tarifs que vous ne connaîtrez jamais.
À vous de choisir dans quelle case vous rangez ça.
À très vite,
SJ